Dermatoses parasitaires des Rongeurs et du Lapin

de compagnie

 

 

CHEYLETIELLOSE

Cheyletiella parasitivorax

 
EPIDEMIOLOGIE
 
  • Spécificité
Spécifique du lapin, mais peut contaminer le cobaye et les carnivores domestiques.
  • Répartition géographique

Amérique du Nord, Europe, Asie, Australie et Nouvelle Zélande

  • Prévalence/ incidence

Lapin : Occasionnel

Cobaye : rare
  • Facteurs de réceptivité

-Influence de l’origine de l’animal : elle nous renseigne sur la présence d’une quelconque pression parasitaire : animal acquis en animalerie ou vivant au contact d’autres lapins

-Influence de l’âge : les animaux jeunes expriment plus facilement la maladie

-Influence de l'état général et sanitaire de l’animal : immunodépression, stress notamment lié au changement de conditions de vie, de température ou d’alimentation, mauvaise hygiène, problèmes de toilettage pouvant être dus à des maladies dentaires, une fourrure à poils longs (ex : lapins angora), l’obésité ou une spondylarthrite.
  • Résistance dans le milieu extérieur

-Femelle : au moins 10 jours dans l’environnement

-Larves, nymphes et mâles adultes : peu résistants dans l’environnement : environ 2 jours

  • Mode de contamination

-Transmission par contact direct avec un animal malade ou porteur sain.

-Transmission indirecte par l´intermédiaire de l´environnement contaminé ou l’intervention de vecteurs mécaniques (puces, poux ou mouches) sur lesquels les cheyletielles peuvent se fixer.

 
  • Contagiosité

Très importante

  • Caractère zoonosique
Zoonose mineure à l’origine de prurigo.
 

PATHOGENIE

Action traumatique : abrasion du tégument par ses pièces buccales
Action allergisante : réactions d’hypersensibilité
Action vectrice d'agents pathogènes : la transmission du virus de la myxomatose serait possible.


SYMPTOMES ET LESIONS
  • Prurit d’intensité variable, mais toujours moins marqué que lors de gale
  • Eclaircissement de la fourrure ou légère alopécie. Le pelage apparaît alors irrégulier, comme si l’animal n’avait pas complètement mué.
  • Croûtes gris-blanchâtre et légèrement onctueuses
  • Plaques érythémateuses douloureuses
  • Grand nombre de squames au niveau du cou et du dos, sur la peau et à la base du poil.

Pas de symptômes généraux associés à la cheyletiellose.

LOCALISATION:

Dos, épaules et cou. Parfois atteinte de la face ventrale.

COMPLICATIONS:

Lors d’infestations massives il peut y avoir apparition d’une dermatite squameuse généralisée à l’origine de dépilations, de papules et de croûtes.

En cas de prurit important, le lapin peut s’infliger des auto-traumas, à l’origine de surinfections.

 

Nodules démodéciques sur le sternum (à gauche) et la mamelle (à droite) d´une vache adulte. Photos: laboratoire de parasitologie ENVA Nodules démodéciques sur le sternum (à gauche) et la mamelle (à droite) d´une vache adulte. Photos: laboratoire de parasitologie ENVA

Lésions de cheyletiellose sur un lapin . Photos:Service de dermatologie ENVL

 

DIAGNOSTIC

  • Suspicion épidémio-clinique

Suspicion lors d'alopécie et squamosis souvent accompagnés de prurit au niveau du cou et du dos.

 
  • Diagnostic différentiel
  • Autres dermatoses parasitaires prurigineuses : les gales, dermatophytose, pulicose, phtiriose, infestation par les tiques, dermatite par piqûres de Diptères
  • Dermatite bactérienne
  • Réaction à une injection sous-cutanée au niveau du cou
  • Adénite sébacée
  • Examens complémentaires

-Brossage vigoureux du pelage puis observation à la loupe binoculaire

-Scotch test et observation au microscope : mise en évidence d’un grand nombre de cheylétielles.

-Raclage cutané et observation au microscope

PRONOSTIC

Généralement favorable avec un traitement adapté.