Parvovirus de type 2


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  • Importance des Parvoviridae chez les Canidés

 

Le genre Parvovirus qui appartient à la sous-famille des Parvovirinae est un Parvoviridae ayant une grande importance dans l’espèce canine. Le Parvovirus de type 2 (CPV 2) est responsable de la Parvovirose canine, encore appelée gastro-entérite hémorragique.

 

  • Morphologie

 

-          Parvovirus de type 2 : CPV-2 (Canine Parvovirus type 2).

-          petite taille (du latin « parvus » = petit) : 18 à 26nm,

-         non-enveloppé, virus nu

-         Capside icosaédrique

-         génome à ADN simple brin, codant pour 4 protéines

-         Capside composée de 2 protéines : Vp1 et Vp2

-         Un nouveau sous-type est apparu depuis 1978, le CPV a muté en deux variants antigéniques différents, le CPV-2a (le plus répandu) et le CPV-2b.

-         très proche du virus de la panleucopénie féline (FPV)

-         Spécificité zoologique relativement étroite

-         Difficiles à cultiver

 

Parvovirus canin

 

  • Action des agents physico-chimiques

 

-         très grande résistance dans le milieu extérieur, stable à température ambiante :  le virus peut résister jusqu’à 6 mois à 20°C à un titre suffisant pour infecter un chien sain, moins longtemps lors d’exposition au soleil (pas plus de 5 mois lors d’exposition au soleil et à la sècheresse). Il résiste aussi aux hivers rigoureux.

-         résiste à un chauffage d’1 heure à 56°C mais est détruit par les UV.

-         résiste également aux désinfectants usuels : acides, alcools, phénols, éther, ammoniums quaternaires, chloroforme.

-         Seuls l’eau de Javel diluée au 1/30ème, le formol et la soude caustique permettent de l’inactiver.

 

  • Multiplication

 

-         Après l’ingestion, la réplication primaire se déroule dans les tissus lymphoïdes de l’oropharynx, dans les noeuds lymphatiques mésentériques et le thymus. Ensuite, il y a passage dans la circulation sanguine générale ( = virémie).

-         tropisme pour les cellules en mitose active / à division rapide ; tels que les entérocytes, ou les cellules lymphoïdes

-         cycle réplicatif très court

-         taux de réplication élevé

-         possibilité de production de virions défectifs

 

  • Symptômes

     

    • Forme classique : la gastro-entérite hémorragique

    -         A suspecter chez tout chien (et d’autant plus si c’est un chiot) présentant de la fièvre, des vomissements et une diarrhée d’apparition soudaine

    -         bénigne ou sub-clinique ou au contraire aiguë et foudroyante

    -         classiquement, on observe une phase de prodromes marquée par un abattement et de l’inappétence pendant 12 à 36 heures

    -         phase d’incubation peut durer de 3 à 5 jours

    -         Cette phase est suivie par une phase symptomatique caractérisée par des phases de vomissements et diarrhée souvent sévères et hémorragiques (hémorragique dans 50% des cas), et généralement de la fièvre

    -         leucopénie assez caractéristique. Le pronostic est d’autant plus mauvais que la leucopénie est sévère. 

     

    • Forme atypique : la myocardite du nouveau-né

    -         responsable d’une mort foudroyante mais est devenue toutefois très rare

    -         se rencontre par exemple avec une mère dépourvue de toute immunité (très rare actuellement) ou lors de non absorption du colostrum

    -         l’infection par le parvovirus canin serait « âge-dépendante », c'est-à-dire que chez un chiot très jeune, le parvovirus va plutôt causer une myocardite, et chez un chiot un peu plus âgé, le parvovirus va plutôt avoir une préférence pour les entérocytes et causer une entérite, à cause du fait que le parvovirus préfère les cellules en division active.

    -         Cette forme a quasiment disparue car les chiots sont relativement bien protégés par les anticorps maternels dans les premières semaines de vie. Les seuls problèmes rencontrés le sont lors de la décroissance des anticorps maternels.   

     

    • Forme sub-clinique

            Une réplication virale du parvovirus est possible chez des chiots dont l’immunité dérivée des anticorps maternels est élevée. Cette immunité passive empêche alors l’expression des manifestations cliniques de la parvovirose, mais autorise toutefois une réplication virale locale. Ces chiots constituent alors une source dangereuse de contamination pour les autres animaux.

     

    • Pronostic

    Fort taux de mortalité chez le chiot égal à 50% ; alors que le taux de mortalité est de 10% chez l’adulte. Le virus confère à un animal infecté une immunité post-infection d’environ 2 ans. Le seul traitement que l’on peut mettre en place est un traitement de soutien.

     

     

  • Épidémiologie

 

  • Modes de contagion

Les matières virulentes sont surtout les fèces car le virus y est excrété chez les animaux malades. Il existe aussi des excréteurs asymptomatiques (chiots bien protégés par les anticorps maternels, chien adulte immunisé…)  qui représentent une menace en excrétant des parvovirus de façon massive. Le chien excrète des virus de 4 à 10 jours, voire 20 jours après infection par le parvovirus.

Le parvovirus peut être transmis de façon directe d’un chien à un autre par léchage, ou bien de façon indirecte par ingestion de fèces contaminées ou bien d’objets souillés par les fèces. La pénétration se fait donc essentiellement par voie nasale et oro-nasale de façon directe et très majoritairement indirecte. L’ingestion d’une très faible quantité de particules virales est suffisante pour déclencher une parvovirose.

L’homme, ainsi que les insectes ou autres petits animaux jouent un rôle certain de vecteur du parvovirus.

 

  • Réceptivité

La Parvovirose touche très majoritairement les chiots de moins de 5 mois. La période critique chez le chiot est LA période de vie à risque. De plus, une vaccination entreprise lors de cette période critique a peu de succès.

 

 

  • Diagnostic

Le diagnostic clinique de la maladie repose sur différents signes cliniques :

 

-         prostration

-         anorexie

-         gastro-entérite avec déshydratation

-         examen hématologique montrant une leucopénie

 

Plusieurs mises en évidences sont possibles :

 

-         mise en évidence par sérologie (mise en évidence les IgM spécifiques anti-parvovirus),

-         histopathologie (biopsie d’intestins),

-         mesure de l’activité d’inhibition de l’hémagglutination sur excréments en suspension

-         par isolement du virus ou mise en évidence du virus dans les excréments par la méthode ELISA

-         par microscopie électronique

   

  • Traitement et prophylaxie
        Un traitement est possible par trois injections intraveineuses d'interférons oméga durant 3 jours. Sinon, en l'absence de traitement, la réhydratation est indispensable.

        Les anticorps maternels protègent le chiot contre l'infection et la maladie jusqu'à environ 8 semaines. Cependant, ces anticorps maternels inhibent la réponse immune vaccinale jusqu'à environ 12 semaines. Il existe donc une période de "trou immunitaire" entre 8 et 12 semaines. La primo-vaccination est ensuite possible à partir de 12 semaines avec des vaccins vivants atténués avec 2ème injection à 16 semaines. Un rappel est nécessaire l'année suivante, puis tous les deux ans.

        Il existe de plus un protocole de vaccination à 6 semaines avec des vaccins surdosés.

 

Elle s’inscrit dans la liste des vices rédhibitoires tout comme la maladie de Carré.

 

Références bibliographiques